Michel

Je vis avec une étrange étrangère. Elle me possède, je l’ai dans la peau, dans tout le corps et même dans mon âme. 

Elle me hante le jour et la nuit. Je voudrais m’en débarrasser et j’ai commencé à prendre des dispositions en vue de la jeter. En fait, elle me squatte depuis au moins quinze ans et, con comme je suis, je ne m’en étais pas aperçu. Flavie, de son vrai nom Flaviviridae est une drôle de personne. Un couple d’amis, Interféron et Ribavirine sa femme, m’aide à me débarrasser de mon amoureuse diabolique.

Je ne sais pas quand j’ai commencé mon hépatite ni précisément comment je l’ai eu même si je suppute fortement l’approche feutrée des paradis artificiels. Ça, ça me fait vraiment fumer. J’aurais préféré être vraiment malade au début et repérer tout de suite cette salope pour lui péter la gueule dans l’œuf. Je dois être de la race des victimes, on entre chez moi par effraction, on me viole mon immunité, on squatte mon foie et je vois que dalle. Quelle poire ! Je la voie bien la C, cette pute de luxe ! Elle est vêtue de cuir noir moulant, avec une cagoule comme les rats d’hôtel dans les vieux films. Elle entre en douce la nuit, ne dit rien à personne, ne bouscule même pas un petit meuble, monte un peu ma musique intérieure, la 8eme de Mahler avec cœurs, pour couvrir son pas feutré et elle s’installe en terrain conquis pour me grignoter molécule par molécule. Elle se tape mon foie gras sur canapé en buvant du champagne Cristal de chez Roederer.

Je ne savais plus où j’en étais et j’ai décidé de commettre un acte désespéré. Après avoir réfléchi deux minutes, je suis passé à la Fnac où j’ai taxé un bouquin : « Les hépatites ».

Dans le bus j’ai commencé à jeter un œil sur ce bouquin. Les premières lignes disaient ceci :

« Toute maladie est un événement qui implique des échanges entre trois partenaires : le malade, son entourage, son médecin. La guérison et le mieux-être dépendent de la nature de ces échanges, et de leur renforcement mutuel. On peut vivre seul sa maladie. Mais pour réunir toutes les chances de guérir, mieux vaut être trois partenaires à la combattre… »

Eh bien ! Ça y est, j’ai enfin compris ce que voulait dire mon A2 F4. Ça n’a rien d’un appartement ou d’une bataille navale mais de l’activité de mon hépatite avec une fibrose carabinée, la cirrhose. De quoi réellement s’inquiéter non ? C’est cette forme qui doit être traitée par les médicaments antiviraux afin d’éviter une destruction progressive du tissu hépatique avec formation d’un tissu cicatriciel appelé fibrose.

Heureusement il y a le traitement antiviral et le traitement fait régresser la fibrose ! Ça c’est le pied, ça relativise une partie des inconvénients que procure ce traitement qui devient presque sympathique. Non seulement il peut virer le virus mais il retape le foie et l’aide à se régénérer. Des patients non guéris de leur hépatite après traitement d’un an ont vu leurs scores baisser de parfois deux points : de A3F3 à A1F2 ou A2F2 à A1F1. C’est toujours ça de pris, surtout quand le jeu consiste autant à faire reculer l’apparition de la cirrhose et son copain le carcinome, qu’une hypothétique éradication du virus.

Le virus, à la limite, il va crever avec toi, l’important c’est que ton organisme ne se détruise pas en voulant le faire disparaître.

En plus du traitement j’ai une arme redoutable : je fais partie de l’association SOS Hépatites.

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